Promotion VINCENT

La rentrée à Issoire

29 Août 2011 , Rédigé par Patrick Publié dans #article

Bonjour à tous. Souvenez-vous...

Vous étiez en vacances, puis...

 

J' ai appris la nouvelle par une lettre de ma mère durant mon camp scout de juillet 1967, j' étais alors en Belgique, vers Bouillon.

"tu es reçu à Issoire" !


J' avais alors le choix, soit l' Auvergne et ses volcans, soit Lille dans une école privée d' électronique.

Mes parents s' étaient déjà saigné pour m' envoyer en pension depuis la sixième. En privé, bien sûr, étant donné que la sixième je l' avais faite au petit séminaire de Bouvigny-Boyeffles (62) et oui je pensais devenir prêtre à 11ans, mais j'ai changé de vocation et j' ai effectué le reste de mes études secondaires à l'institution St Bertulphe à Fruges, et  j' avais dû continuer cette voie, car quitter le privé pour aller dans le laïque à cette époque n' était pas envisageable.

Bref, dilemme. 

Après consultation parentale, grand-parentale, voisinale, amis-cale, je pris ma décision: à moi les volcans!

Vous souvenez-vous de la lettre ? La voici :

Lettre réussite concours Michel001

 

 

J' appris par la suite à Arras qu' un autre candidat résidant une ville près de chez moi était reçu lui aussi. Nous avons été par la suite mis dans la même brigade et il se reconnaîtra.

Après présentation des parents respectifs à la maison, une angoisse se fit jour : Paris !

Heureusement le père de mon camarade se proposa de nous faire la  traversée de cette grande ville inconnue pour nous.

Et nous partîmes de Lens, direction la capitale. Arrivée à Paname et traversée  Nord-Sud en métro,  puis gare de Lyon et embarquement pour Issoire. Trajet de nuit. A Vierzon nous quittâmes la loco électrique pour une belle loco diesel-électrique accouplée à sa  chaudière à vapeur destinée au chauffage des wagons. A chaque arrêt on soulevait le rideau du compartiment pour lire le nom de la gare, de peur de louper l'arrêt.

Et on arriva au petit matin en gare d' Issoire. Il faisait froid, très froid. Le bus, la traversée de la ville, et enfin l' école. Après pour ce qui s'est passé, ma mémoire me fait défaut. Nous étions en survet bleu, on vissait des écrous lors des tests, un ancien nous parrainait. Le foyer exigu (le nouveau était en cours de finition), les douches collectives, les très bons repas au self. Je logeais dans le bâtiment où était l' aumonerie près du GE3. Les bagarres de polochon le soir. La visite médicale (on avait déjà donné à Arras) qui nous re-déclara apte au service. La séparation avec un copain tout neuf qui partit pour Tulle. L' affectation en brigade 224, l' Adjudant Schivre qui n' arrêtai pas d' asticoter notre pauvre moniteur... L' habillement, les tenues, découverte du paquetage, du tabouret pour l'exposition des sous-vêtements le soir, du pyjama bleu. Découverte des ateliers, du S1 et son célèbre slogan "le S1 a su vous accueillir, sachez l'entretenir", l' adjudant-Chef Lucas et son vélo, les tours de S1 chronométrés pour avoir descendu un peu trop bruyamment les escaliers, ou d'avoir semé le bazar en étude qui était surveillée par notre pauvre moniteur, et cet a/c savait toujours arriver au bon moment. A croire qu'il y avait un micro de planqué ! Il avait le chic pour débarquer quand il fallait pas.

Et le parcours du combattant pour les premières photos,

Et c'est parti pour deux ans et demi !

Voici la plaquette explicative de ce qui allait nous arriver :


Lien vers Consulter la plaquette d' accueil

  Attention le téléchargement est assez long. Patientez

 

Voici un autre document : la carte de self

1° carte de bouf00

 

 

 

Puis la carte de sortie.

carte de sortie 1° et 2° année0

 

 

On en possédait 2, une pour l'intérieur de l'école de couleur rouge, et une pour l'extérieur de couleur jaune.


Nous pûmes enfin "sortir" de l'école après la présentation au drapeau qui eu lieu le 11 novembre 1967. A cette occasion nous recûmes l'insigne de béret, mais encore pas la pucelle de l'école.

Au groupe 22 le dimanche on montait à l'étage supérieur échanger nos cartes. On devait avoir bien travaillé, pas avoir été puni, et surtout "en tenue" nickel, salut, demi-tour réglementaire. Puis l'épreuve du poste de police. Re-présentation, re-salut, re-inspection vestimentaire, mouchoir blanc en poche, fil de fer dans le béret ... Et retour case départ pour dessous de chaussure basse non ciré ou autre pécadille (boutons pas assez brillants) . Plus tard, avec l'âge,  on envoyait un camarade cobaye au poste et il revenait nous prévenir de ce que le sous-off de permanence avait décidé de nous octroyer ce jour là. On avait alors tout loisir de préparer notre sortie. Ah le miror et sa patience ! Le nécessaire à chaussure, sa boîte de cirage noire, la brosse bi-face et sa housse en tissu...


Une fois dehors (gaffe à la patrouille) à nous la descente vers Issoire puis rendez-vous dans notre bar préféré, les parties de baby avec "les civils". Premiers apéros. La glande en ville puis la remontée au quartier avant midi. Le self.


Me souviens d' avoir sorti une fois en semaine pour aller acheter un globe (le truc rond en verre qui protégeait l'ampoule et qui servait à nous éclairer avant l'extinction des feux et avant la bascule sur la veilleuse) pour jet de pelochon ou de godasse, sait plus. Bref sous l'assaut de ce projectile il avait valdingué à terre et s'était brisé en mille morceaux. C'était le rachat ou la punition... Et ils avaient pas le temps de s'user, car quelquefois en le nettoyant pour la poussière...

En parlant de punition, combien de fois fus-je collé le dimanche matin au S1 ? De mémoire 1 fois ou 2. Pas si mal que ça.

Puis vint la première perm pour Noël. La descente vers la gare, on empruntait alors "la rue de la liberté" la rue à gauche après l' avenue De Bange, en fin de matinée au pas cadencé et en chantant, le train militaire spécial, sa vaillante loco à vapeur crachant ses escarbilles, ses attentes interminables le long des voies pour laisser passer les trains "express". Bref 8  heures de trajet pour un issoire-paris. La gare de Vierzon et sa loco électrique toute frétillante qui nous attendait.

On avait que 20 minutes pour la traversée de Paris afin de choper le train suivant. Mission quasi impossible. L'âme en peine je téléphonais alors à mes parents pour leur indiquer l'heure d'arrivée. Ben oui le train suivant était le train postal qui partait vers minuit. Celà nous permettait de visiter Paris by night, autour de la gare du Nord  en attendant le top départ. Enfin le trajet vers ch'nord. Halte du train à toutes les gares pour le courrier... arrivée en gare d'Arras vers 2 ou 3 heures du mat... Mon père... Enfin les vacances !

 

Merci à mon camarade Jean-Luc O. pour avoir conservé pieusement ces documents, et me les avoir scanné, et d'avoir complété ma mémoire dernièrement.

Merci à mon camarade Jean-Bernard C. pour les archives photos de la 224 ci dessous.



lien vers : crédit photo

 

Si d'autres documents concernant cette rentrée, me les envoyer, je les rajouterai. Je vous rappelle que ce blog est le notre, merci de fouiller greniers, cantines, mémoire ...

Cette fin de semaine envoi du premier flash-info. Il vous reste cette petite semaine(avant vendredi) pour me dire s'il faut mettre quelque chose en plus pour le bien de la promo et notre futur rassemblement de 2012.

rappel adresse mail: lacinq@sfr.fr //  ou //  5promotion@laposte.net

blog :  eetat5.over-blog.fr

 

Votre dévoué rassembleur

Patrick

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pierre VIRION 30/08/2011 20:25



Je me rappelle parfaitement le jour où nous avons reçu la fameuse lettre dont parle Patrick.


Nous étions en vacances en famille au village familial des Armées (mon père était militaire et nous étions une famille nombreuses) à Quiberon. Moi j'étais puni et ne pouvais sortir du village
avec les copains qu'avec l'autorisation de mon père. Et oui à l'époque l'autorité parentale c'était quelque chose. Mon père n'avait pas admis le 3° trimestre catastrophique que je venais de
terminer au CET dessin industriel. Pensez je passais de la 6° ou 7° place sur 26 au 2° trimestre à l'avant-dernière. 


Je profitais de la sieste de mon père pour m'éclipser à la plage avec les copains. Je l'avais déjà fait à plusieurs reprises mais je m'étais toujours arrangé pour rentrer avant qu'il ne s'en
aperçoive. Mais cette fois-là j'oubliais l'heure et c'est vers 17 heures que je revins au village. Mon père m'attendait à l'entrée du bungalow. 


Après m'avoir passé une eng... il me tendit la lettre dont je ne lu que les premières lignes c'est à dire jusqu'à "...votre fils avait réussi le concours d'entrée..."


Je regardais mon père ; son visage s'est éclairé, il me fit un grand sourire et me pris dans ses bras. Dans la foulée il leva la punition et je pu terminer ses vacances bretonnes sans plus aucune
contrainte.


En septembre je me suis retrouvé à Tulle.


Merci Patrick de m'avoir permi grâce à ton témoignage de me rappeler l'instant où j'appris ma réussite au concours d'entrée dans notre belle École avec un grand É.